COUP DE GUEULE

 

Alors que cette affaire, très simple, se résume en quelques points :

  • 2 médecins recruteurs, sans aucune spécialisation en cardiologie, minimisent complètement la gravité d’un syndrome du QT long pourtant signalé par l’électrocardiographe,
  • Ils ne dirigent pas la recrue concernée vers un spécialiste,
  • Ils ne l’informent pas du problème et le déclarent apte au service,
  • L’un d’eux, au courant des nouvelles directives qui vont entrer en vigueur trois semaines plus tard et dont l’application aurait non seulement rendu cette recrue inapte au service mais lui aurait certainement permis d’échapper à la mort, n’en tient pas compte,
  • Une fois ces nouvelles directives en vigueur, alors qu’ils viennent d’être confrontés trois semaines plus tôt à ce type de cas, rarissime et potentiellement mortel, ils ne ressortent pas pour autant le dossier médical de la recrue afin de prendre les mesures qui s’imposent,
  • Selon les publications médicales, une pratique physique intensive et des situations de stress sont déconseillées aux porteurs du LQTS, quel qu’en soit le type, au risque de mourir,
  • La seule cause de décès plausible, relevée tant par le légiste que par l’expert, est le syndrome du QT long.

il aura donc fallu plus de 6 ans 1/2 de procédures judiciaires (tant militaire que civile), sciemment empruntes de parti pris et de manœuvres dilatoires, pour en arriver à cette scandaleuse prescription !!!

Suite au décès de notre fils, notre objectif était de savoir ce qu’il s’était réellement passé lors du recrutement, d’obtenir la reconnaissance de la justice si des erreurs avaient été commises (une condamnation à un seul jour-amende avec sursis nous aurait même convenu), et dans ce cas, que des mesures soient prises au niveau de l’armée pour qu’un tel drame ne se reproduise jamais.

Conscient que poursuivre la Grande Muette et des médecins n’allait pas être chose aisée, je pensais bien naïvement que la justice allait malgré tout remplir son rôle. A l’époque, je ne ressentais aucune colère, mais cela a rapidement changé lorsque nous avons été confrontés à la partialité du Juge d’Instruction militaire, du Procureur vaudois, des juges de la Chambre de recours pénale du canton de Vaud, qui ont tout fait pour que les coupables échappent à la justice.

En janvier 2017, ne supportant plus cette parodie de justice, j’adressais un courrier à la Chambre de recours pénale, suite à sa décision. J’y mentionnais, outre ma façon de voir les choses, ma volonté de ne pas aller au Tribunal fédéral. Cette lettre était envoyée, en copie et en recommandé, à M. Parmelin, Conseiller fédéral en charge du DDPS, à Mme Metraux, Conseillère d’Etat vaudoise en charge du Département des institutions et de la sécurité ainsi qu’à M. Cottier, Procureur Général du canton de Vaud. Inutile de préciser qu’aucun d’eux ne m’a jamais répondu.

Suite à une incompréhension, mon Conseil recourrait au TF au nom de mon épouse, ce qui était prévu, mais également en mon nom.

Même si la décision du Tribunal fédéral, et accessoirement la gifle adressée à la justice vaudoise, nous ont mis un peu de baume au cœur et confortés dans nos convictions, il n’en reste pas moins que les décisions iniques du Procureur et de la Chambre des recours pénale nous laisse énormément d’amertume et un immense sentiment d’injustice. 

Et aujourd’hui, plus que jamais en colère, je ne peux que crier :

HONTE A VOUS !

Monsieur le médecin-chef du centre de recrutement de Lausanne, en poste jusqu’à sa fermeture fin 2018, votre manque d’empathie envers les recrues n’a d’égal que votre bassesse à ne pas reconnaître la moindre de vos erreurs. Où que vous sévissiez maintenant, continuez à brillamment cibler pieds plats et autre énurésie ! Au fait, le nom d’Hippocrate vous évoque-t-il enfin quelque chose ?

HONTE A VOUS !

Justice militaire qui nommez, pour mieux le manipuler, un Juge d’Instruction sans la moindre expérience pénale (avocat fiscaliste vaudois dans le privé) dans une affaire d’homicide par négligence.    

HONTE A VOUS ! 

Monsieur le Juge d’Instruction militaire, pauvre marionnette, vous qui avez bâclé cette affaire et attendu plus d’une année pour statuer que la justice militaire n’était pas compétente.

HONTE A VOUS !

Monsieur le médecin-chef de l’armée d’avoir attendu que nous déposions plainte auprès de la justice civile (près d’une année et demie après la disparition de notre fils) pour vous manifester et nous faire part d’éléments très importants du dossier médical militaire qui n’avaient jamais été, comme par hasard, portés à notre connaissance.

HONTE A VOUS !

Monsieur le médecin du service médico-militaire et vous Messieurs les cardiologues appelés à donner votre avis à la justice militaire, votre manque d’indépendance vous discrédite complètement.  

HONTE A VOUS ! 

Monsieur l’inféodé expert, toujours pas gêné par vos contradictions, vous qui arrivez à blanchir vos collègues médecins, tout en reconnaissant que de déclarer Nils apte au service relevait du pari.

HONTE A VOUS ! 

Monsieur le Procureur vaudois qui, en 2016, avez scandaleusement classé cette affaire et tout fait, en jouant la montre et en misant sur la prescription, pour que les médecins ne soient jamais jugés. 

HONTE A VOUS !

Messieurs les Juges de la Chambre des recours pénale du canton de Vaud qui, fin 2016, n’avez fait que de confirmer la décision du Procureur, vous réfugiant comme lui derrière une expertise bancale et une argumentation fumeuse, vous asseyant sur le bon sens, occultant honteusement les négligences et le manque de conscience professionnelle des médecins. De manière choquante et révélatrice du peu de considération que vous avez de la vie de vos concitoyens, vous vous êtes même permis de vous ériger en experts médicaux pour affirmer qu’indépendamment de la négligence qui aurait pu être reprochée aux praticiens, le décès de notre fils n’aurait vraisemblablement pas pu être évité, ce qui est totalement faux.

Quant à votre dernière décision de mars 2019, elle démontre une fois de plus que la balance de la justice vaudoise dans cette affaire n’a toujours penchée que d’un seul côté. 

Rendre la justice (si sujette à interprétation), en particulier lorsque le pot de terre est confronté au pot de fer, ne demande pas que des compétences juridiques, mais du cran, qualité dont vous, à l’instar des autres magistrats ayant été en charge de cette affaire (hormis les juges fédéraux), êtes clairement dépourvus. Dans notre cas, en eût-il vraiment fallu beaucoup plus pour parler de complicité ? 

HONTE A VOUS TOUS !

qui avez œuvré lâchement pendant des années pour que nous, victimes, soyons privés de la simple reconnaissance de la vérité et ne puissions, par conséquent, faire correctement notre deuil. Que vos proches, vos connaissances, en faisant abstraction de vos hautes fonctions et de votre statut social, puissent apprendre au travers de cette affaire qui vous êtes réellement ! Que les justiciables sachent également ce que vous valez !

Dans la première mouture de mon site Internet (début décembre 2018), je n’incluais pas le deuxième médecin recruteur (Dr. Y.) dans cette liste. Contrairement aux personnes précitées, je pensais que, malgré ses très graves manquements et sa responsabilité évidente dans le décès de notre fils, il était le seul à pouvoir se regarder dans une glace. Il avait grandement admis ses erreurs devant le Procureur (son propre avocat s’en était d’ailleurs étranglé) et il nous avait présenté de sincères regrets, ce qui nous avait beaucoup touchés. Contrairement à son pathétique – pour ne pas dire pitoyable – collègue recruteur et à sa hiérarchie, il semblait avoir compris que le plus grave n’est pas de commettre une faute, aussi tragique soit-elle, mais de ne pas la reconnaître.

Le 14 décembre 2018, j’ai pris connaissance d’un article de presse le concernant et relatif à une décision de Tribunal administratif fédéral datée du même jour. Il y était mentionné (ce que j’ignorais totalement) que ce médecin avait été licencié le 31 août 2017, en raison d’une collaboration devenue toujours plus difficile au sein du Service sanitaire de l’armée, après avoir été gravement affecté par le décès d’une recrue qu’il avait déclarée apte au service malgré un électrocardiogramme anormal lors du recrutement. En arrêt maladie depuis avril 2015, il n’avait pas pu reprendre son activité, malgré plusieurs tentatives de réintégration. Dans son arrêt, le Tribunal administratif fédéral soulignait que l’armée aurait dû proposer un soutien à son collaborateur après le drame de 2012 et qu’elle aurait pu se douter qu’il lui serait difficile de continuer à exercer une activité en relation avec la mort d’un jeune homme. Les juges ont également relevé que l’armée n’avait pas pris les mesures propres à désamorcer le conflit avec le personnel soignant, alors que le médecin, très bien noté, avait proposé à plusieurs reprises des solutions. Par ailleurs, la Cour s’est étonnée que deux postes correspondant aux capacités du praticien ne lui aient pas été transmis, alors que l’armée était consciente des difficultés que son collaborateur rencontrerait pour retrouver du travail vu son âge et son état de santé. Selon les juges, l’armée a enfreint gravement et à de multiples reprises son devoir d’assistance envers son collaborateur. Estimant le licenciement abusif, ils ont alloué au médecin une indemnité correspondant à 18 mois de salaire. J’ignore si ce jugement a été attaqué devant le Tribunal fédéral. 

Le récent recours de ce praticien contre l’ordonnance de classement du 28 janvier 2019 a toutefois radicalement modifié ma position le concernant. Contester devoir indemniser les victimes en se défaussant à son tour de ses responsabilités et réclamer une indemnité lui revenant, le font, à mes yeux, tomber bien bas, quels que puissent être ses soucis financiers actuels. Que le souvenir de Nils hante à jamais ses nuits !

Dans son arrêt du 5 mars 2019, la Chambre des recours pénale, occultant les erreurs fatales de ce médecin au point de remettre en question jusqu’à sa propre responsabilité dans le déclenchement de l’action pénale (ce que le Procureur n’avait quand même pas osé faire !), a décidé, hormis qu’il n’ait plus à nous indemniser, de l’exempter du paiement des frais de la procédure et de lui octroyer une indemnité à hauteur de CHF 32’000.-, à la charge de l’Etat. Risible ! Les contribuables vaudois apprécieront ! Quant au Dr. X., il doit encore se mordre les doigts de ne pas s’être, lui aussi, opposé à la décision du Ministère public. 

Nous allons bien entendu faire recours contre cette décision auprès du Tribunal fédéral. 

 

“De petits coups, souvent répétés, abattent de grands chênes”

(proverbe latin)